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Passage en vitesse-lumière

Je pose un regard neuf sur le monde. Ce n’est pas de sa faute ; je me suis fait opérer des yeux.

J’aime bien cette blague et je sais que je vais la ressortir au fil des ans, petite fierté d’humoriste amateur qui sait qu’il en tient une bonne malgré l’absence de réaction du public. Évidemment je vais la décliner (« Je pose un regard neuf sur le Président… » « Je pose un regard neuf sur les marrons »). Vous aurez noté le champ lexical de la dinde, après tout c’est bientôt Noël. Mais ce n’est pas qu’une blague : le changement me travaille, plus mentalement que visuellement. Et la blague, une fois écrite, appelle à la réflexion.

Pendant que je récupérais, dans le noir et avec les yeux comme des pamplemousses, je me suis dit que j’avais bien de la chance (j’ai un grand-père qui n’y voit plus grand-chose) et qu’il faudrait que je fasse quelque chose de constructif avec ce regard tout neuf.

Ça commence doucement, et c’est évidemment lié à la lecture.

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Roll With The Times

Reprise progressive du blog avec un essai en anglais sur la question de la visibilité, rédigé en réaction au thème de la conférence de Charleston de cette année. Les sources traditionnelles d’information sont mises à mal par le Web : les bibliothèques disparaissent derrière les interfaces des bases de données et des moteurs de recherche, tandis que les éditeurs se font mordre les mollets par de nouveaux entrants qui misent sur l’économie de la réputation. À lire avec une tasse de Earl Grey et un dico bilingue.

The theme to this year’s Charleston Conference sounds universal but should hit especially close to home for all involved in scholarly communication. My training in health sciences and librarianship has driven me to the questions of discovery and access, which matter to librarians and publishers alike. And as web technologies transform the way we discover and access information, these traditional providers of knowledge are faced with a difficult challenge: they are slowly being pushed to the background and rendered invisible by new models and digital-native players.

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Design vs. design

Deuxième incursion dans l’univers du design, toujours à partir de la revue Graphisme en France, avec un article de Vivien Philizot sur les métamorphoses de la publicité. Les conflits autour de la publicité en ligne font couler beaucoup d’encre numérique : le Monde rapportait ce matin que 30% des internautes français sont équipés d’un bloqueur de publicité. C’est un sujet que je connais bien, étant moi-même pratiquant de ce ménage par le vide qui pousse le web à remettre en question son modèle économique. La lecture du texte de Philizot m’a fourni une nouvelle grille de lecture : celle du design, avec ses concepts bien particuliers. Le texte qui suit est une petite synthèse du conflit sur le blocage de la publicité et des idées qui peuvent en ressortir.

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Méta-exam

J’ai écrit le texte ci-dessous durant un examen qui portait sur les usages des techniques et notamment d’internet. La majeure partie était consacrée à une dissertation sur ce postulat d’Edgerton :

Le déterminisme technique est la thèse selon laquelle une société est déterminée par les techniques en usage. Elle est néanmoins absurde dans la mesure où elle suppose que l’innovation détermine le changement social.

Petite particularité : la dissertation était précédée d’un exercice de statistique sur une enquête Insee décrivant les usages TV/internet de la population française. Or lorsqu’on chauffe pendant une heure sur les statistiques avant de basculer sur la sociologie, ça laisse des traces… Le résultat, un texte très « méta », que je me suis beaucoup amusé à écrire et dans lequel le sujet est devenu l’examen lui-même.

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Algorithmologie

La relation entre science et société devient de plus en plus passionnante à étudier, notamment grâce aux technologies qui font le lien entre les deux : internet, réseaux sociaux, médias en ligne, etc. Un texte de David Chavalarias sur lequel je devais travailler, intitulé La Société de la Recommandation, aborde l’impact des nouvelles modalités de recommandation entre consommateurs et nous montre comment appréhender le rôle crucial des algorithmes dans les transformations de nos sociétés. Il apparaît au fil de l’argumentation que la nature d’un algorithme de recommandation conditionne la diversification des goûts et donc des choix faits par les individus ; les producteurs de contenus sont très attentifs aux modes de consommation des individus, qui orientent le choix stratégique des algorithmes, avec des conséquences attendues sur les choix de consommation. Autant dire que cet article, qui illustre par ailleurs l’application des méthodes des systèmes complexes aux sciences sociales, soulève tout un ensemble de questions majeures pour les sociologues, autant sur leur objets de recherche que sur leur démarche scientifique même.

L’expression “algorithmes de recommandation” nous suggère deux terrains sur lesquels réfléchir. Je ne viens ni de la sociologie ni des mathématiques mais je suis en plein questionnement sur mes futurs thèmes de recherche et ce sont deux domaines qui me rendent curieux. La partie sociologique étant largement explorée dans le texte, j’ai progressivement recherché des informations sur la partie mathématique. Je me suis notamment demandé ce qu’est un algorithme et s’il pouvait m’intéresser dans le cadre de mes cours sur la science, la culture, la technique, la réflexivité, etc.

J’ai abordé l’écriture de ce texte presque comme un échauffement pour le mémoire : comprendre un sujet, le problématiser suivant un angle particulier, mobiliser des références récemment lues ou entendues. Voici donc un aperçu de ce qui se passe dans ma tête quand je lis un mot nouveau qui m’intéresse…

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Sans laisser de traces

Comment se relient design, mémoire et critique de la technique ? Je viens de lire un texte qui dénonce un certain nombre d’entraves à la pensée sur la technique et le numérique. L’auteur (Anthony Masure) plaide pour un design médiateur entre culture et technique mais dresse surtout un constat : l’âge d’or numérique tant vanté s’accompagne pour l’instant d’un certain nombre de restrictions de notre capacité de penser et donc d’agir. Nous subissons une attaque en règle sur la libre pensée. Les modalités de cet assaut sont listées comme un ensemble d’obsessions (ordre, exactitude), de stratégies (ségrégation, marchandisation) ou de faiblesses (passivité, amnésie), le tout se conjuguant pour maintenir un statu quo peu enthousiasmant. Si Masure voit un objectif derrière ces manœuvres, il est moins explicitement formulé en termes politiques que dans les travaux de Feenberg, qui se revendique comme marxiste. Cependant le texte dépeint une inquiétante volonté de contrôle de l’innovation, de l’inventivité ou tout simplement de l’incertitude.

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Le onzième paradoxe

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